Automobile : tendances, actualités et réflexions
Automobile : tendances, actualités et réflexions
19 janvier 2026
Le boom électrique… mais le piège se referme
- Les ventes mondiales de véhicules électrifiés explosent, avec 20,7 millions en 2025, soit +20 % sur un an. Le tout‑électrique monte à 13,6 M et les hybrides rechargeables à 7 M. Sur le papier, c’est une victoire nette. Mais derrière, la dynamique n’avance pas au même rythme partout et le marché devient imprévisible.
- En Europe, le moteur cale là où ça fait mal : la rentabilité. Des constructeurs alertent sur des marges en chute, et sur l’absence de « demande naturelle » sans aides et remises. Résultat, vendre une voiture électrique peut coûter cher, avec une marge négative ou une amende réglementaire. L’électrique reste l’objectif, mais le modèle économique se tend.
- La fracture régionale devient un vrai champ de mines : Europe protégée mais en crise de compétitivité, Chine en guerre des prix, États‑Unis secoués par droits de douane et revirements. Les droits de douane sont des taxes à l’importation qui renchérissent les voitures venues d’ailleurs. Et la surcapacité, c’est trop d’usines et trop de stocks pour la demande réelle, ce qui pousse à casser les prix. Dans ce contexte, chaque décision se paie cash.
La bataille des petites voitures qui peut tout retourner
- Les petites électriques bon marché reviennent comme l’arme la plus politique du moment. L’idée est simple : relancer la demande avec des modèles plus accessibles, attendus chez Renault, VW et Kia. Ce n’est pas juste une histoire de nouveauté, c’est une réponse à la fatigue du public face aux prix. Quand le budget coince, tout le marché se fige.
- En Chine, les remises massives transforment l’achat en sport de combat, et des acteurs locaux comme BYD gagnent du terrain. L’objectif est d’écouler les stocks et de prendre des parts, même si cela écrase les marges de tout le monde. Des autorités locales tentent de limiter la vente sous le coût de production, mais la tactique reste dominante. Pour les concurrents étrangers, c’est une pression constante.
- Même la route vers « 100 % thermique interdit en 2035 » n’est plus une ligne droite, et ça change tout. Le thermique, c’est le moteur essence ou diesel, et l’interdiction annoncée se retrouve partiellement réajustée. Les carburants synthétiques, fabriqués pour remplacer une partie des carburants fossiles, et les biocarburants, issus de matière organique, reviennent dans le débat. La transition continue, mais elle se renégocie sous tension.
Le vrai nerf de la guerre : usines, batteries et cerveau des voitures
- Tout se joue sur les batteries et l’électronique, et l’Europe accuse un retard qui coûte cher. Une gigafactory est une très grande usine de batteries, pensée pour produire en masse et baisser les coûts. Malgré des projets, l’intégration locale reste insuffisante, et cela alourdit la facture. Selon Stellantis, l’écart de coût peut atteindre ~30 % entre véhicules chinois et européens, et ça fait basculer les prix.
- La Chine avance avec une intégration verticale qui change les règles du jeu. L’intégration verticale, c’est quand une même entreprise contrôle plus d’étapes, des composants à l’assemblage, pour sécuriser l’approvisionnement et réduire les coûts. En Europe, on répond par des alliances industrielles, comme Renault/Ford sur les petites électriques en France, pour partager les dépenses. Mais dans l’intervalle, fermetures et reconversions d’usines rappellent que la restructuration est déjà là.
- La conduite autonome accélère, et l’IA devient le cerveau du secteur. La conduite autonome vise une voiture capable de se déplacer sans intervention humaine dans certains contextes, et l’IA, c’est l’intelligence artificielle qui apprend à reconnaître et décider. Avec des plateformes intégrées comme NVIDIA DRIVE Hyperion, on standardise capteurs, calcul et simulation, pour viser le niveau 4. Le niveau 4 signifie une autonomie très avancée dans des zones ou conditions définies, et cela redéfinit la course technologique.



