Mode & Maroquinerie : tendances, actualités et réflexions

Mode & Maroquinerie : tendances, actualités et réflexions

18 mai 2026

Le choc que personne ne peut ignorer

  • Le marché de la mode et de la maroquinerie avance sur un fil. En 2024, le chiffre d’affaires italien du secteur est tombé à 92,8 milliards, soit -3,1%. Et les prévisions pour 2026 tournent autour de 91,5 milliards, avec des exportations en baisse et une consommation qui faiblit en Chine comme en Europe.
  • Au niveau des magasins, la secousse est bien réelle. Minelli va fermer définitivement et 86 emplois sont perdus, un signal brutal dans un commerce déjà sous pression. La concurrence du low-cost, c’est-à-dire des produits vendus à très bas prix, la seconde main et la hausse des coûts opérationnels cassent l’équilibre de nombreuses enseignes.
  • Les grandes maisons tiennent mieux, mais elles ne peuvent plus vendre comme avant. Elles misent sur des activations retail, autrement dit des expériences en magasin, et sur leur patrimoine pour recréer du désir. Le produit seul ne suffit plus, car le client veut désormais une émotion, un récit et une vraie raison d’acheter.

Les tendances qui retournent déjà le jeu

  • Sur les podiums, le message est clair : il faut frapper vite et fort. La saison 2026 met en avant la micro-taille, la slip-dress et un blanc total qui tranche, pendant que le cuir s’impose partout. En parallèle, le vintage et le revival reviennent avec la jupe à fleurs et des escarpins réinventés, preuve que le passé redevient une arme commerciale.
  • Les semaines de la mode changent aussi de visage. Milan homme multiplie les présentations, les shows et les rendez-vous pour attirer acheteurs et influenceurs internationaux, et surtout pour maintenir tout un écosystème commercial sous tension. Ce n’est plus seulement un calendrier, c’est une machine à faire du bruit, des images et des commandes.
  • Les visages qui comptent se concentrent dans quelques maisons capables de créer des “moments” médiatiques. Jonathan Anderson chez Dior, Pierpaolo Piccioli chez Balenciaga, Matthieu Blazy chez Chanel, Jack McCollough et Lazaro Hernandez chez Loewe redessinent les récits du luxe. En face, Louis Vuitton, Chanel, Dior, Valentino et Hermès renforcent encore leur pouvoir avec anniversaires, opérations patrimoniales et événements muséaux qui nourrissent la désirabilité.

Ce qui se joue vraiment dans l’ombre

  • L’innovation ne se limite plus au défilé. Les marques testent des matériaux techniques, c’est-à-dire des matières pensées pour apporter de nouvelles performances ou de nouveaux effets, et même des sacs avec écrans LED sur les podiums. Dans le même temps, le commerce devient expérientiel : le digital et le physique se mélangent pour transformer l’achat en rituel.
  • Le vrai pouvoir glisse pourtant vers les fabricants. La R&D, c’est-à-dire la recherche et développement, ainsi que la conception technique sont de plus en plus dans les usines, avec des équipes de design, des laboratoires et des ingénieurs. Le Fashion Producer Collective, porté notamment par Gauri Sharma, veut faire reconnaître ces acteurs comme des co-concepteurs et non plus comme de simples exécutants.
  • C’est aussi là que se joue la bataille de la durabilité. La décarbonation, c’est la baisse des émissions carbone, avance avec des outils comme Bang for Buck, pensé pour aider les usines à choisir les investissements les plus utiles. Mais le blocage reste financier : sans visibilité, sans partage des bénéfices et sans engagement des marques dès le départ, impossible de remplacer facilement le charbon, d’électrifier les sites ou de rendre la transition vraiment durable.

Sources: