Mode : tendances, actualités et réflexions

Mode : tendances, actualités et réflexions

11 janvier 2026

Le marché craque… mais le luxe tient la barre

  • Le luxe pèse lourd : 364 milliards d’euros de chiffre d’affaires mondial en 2024. Il devient un levier central de la transition écologique, mais il subit aussi une pression réglementaire et matérielle qui oblige à changer vite.
  • Après des soubresauts récents, le marché global du luxe tend vers une stabilisation, avec 1 440 milliards de revenus attendus en 2025. Mais les maisons perdent des clients et doivent revoir l’offre, le discours et la relation au quotidien.
  • Le prêt‑à‑porter grand public montre des signaux de recul en boutique et en ligne, particulièrement en France à la fin 2025. Les marges se cassent en deux : certains protègent la rareté et les prix, d’autres subissent les plateformes et l’ultra fast‑fashion, c’est‑à‑dire des vêtements produits très vite et vendus très bas.

Les tendances qui vont retourner les dressings

  • La créativité sort des capitales habituelles et s’alimente de nouvelles scènes comme Copenhague, Berlin, Riyad, New Delhi ou Dublin. Ce mouvement crée un écosystème plus local, souvent plus durable, où des labels émergents gagnent en visibilité et en financements. Le message est clair : l’attention change de camp, et les marques doivent suivre.
  • Sur les podiums 2026, on voit un basculement massif : prises de poste spectaculaires et collections qui questionnent l’héritage. L’émotion collective revient au centre, avec des vêtements qui racontent une histoire plutôt que de courir après des micro‑tendances. Quand l’identité bouge, tout le marché s’ajuste, du produit à la communication.
  • La consommation glisse vers la qualité et la seconde main, c’est‑à‑dire l’achat d’articles déjà portés. La durée de vie des vêtements devient un enjeu économique et politique, pendant que le HCSP critique l’illusion des “bonnes affaires” de l’ultra fast‑fashion. Côté style, 2026 met en avant des pièces fortes et des matières texturées : touches de fausse fourrure, cuir, denim brut, sacs dôme et bag charms.

La révolution invisible : techno, production, durable

  • Les figures et maisons influentes bougent vite : LVMH, Chanel, Hermès, Prada, Kering, Dior et Louis Vuitton restent des moteurs du luxe, entre réorganisations et initiatives RSE. Côté création, Jonathan Anderson (Dior), Matthieu Blazy (Chanel) et Alessandro Michele (Valentino) redessinent des identités, ce qui peut tout relancer… ou tout déstabiliser. Même l’influence change : en France, un contrat devient obligatoire au‑delà de 1 000€, ce qui professionnalise les collaborations.
  • L’IA, ou intelligence artificielle, s’invite dans la mode pour prévoir les tendances et optimiser le retail, c’est‑à‑dire la vente en magasin et en ligne. Les univers immersifs poussent des expériences de “storyliving”, où l’on vit une histoire de marque au lieu de seulement regarder un produit. En parallèle, la blockchain, un registre numérique difficile à falsifier, est vue comme un outil de traçabilité pour crédibiliser les promesses et réduire la fraude RSE.
  • La production se réorganise sous tension : intégration verticale pour garder l’exclusivité, externalisation pour gagner en agilité, et fragilité des tanneries et ateliers avec des fermetures et des enquêtes sur les conditions sociales. Le modèle “fabriquer moins mais mieux” monte, avec précommandes, fabrication à la demande et séries limitées, pour réduire les invendus et renforcer la valeur. Et la pression durable accélère : 9R de l’économie circulaire, réparation, Re‑Nylon, upcycling (réutiliser des matières pour créer du neuf), seconde main et location, avec 65% de consommateurs du luxe intéressés, pendant que CSRD, AGEC et critères ESG forcent à transformer le modèle, pas seulement le produit.

Sources: