Montres & Joaillerie : tendances, actualités et réflexions
Montres & Joaillerie : tendances, actualités et réflexions
2 février 2026
La haute joaillerie résiste… mais pour combien de temps ?
- Les grandes maisons tiennent bon, même quand le luxe global est dit « convalescent ». La haute joaillerie garde une résilience nette, car elle mélange héritage et désir de pièces rares. Et surtout, métaux et pierres précieuses sont vus comme une valeur refuge, c’est-à-dire un achat censé mieux résister quand l’économie doute.
- Chez Richemont, les ventes de joaillerie ont progressé fortement fin 2025, avec Cartier et Van Cleef & Arpels en moteurs. Ce signal pèse lourd, car il montre une demande solide quand d’autres segments flanchent. Résultat : la joaillerie haut de gamme apparaît comme le cœur qui continue de battre, même quand le reste ralentit.
- Derrière cette force, une tension grandit : la fidélité recule et les préférences changent vite, avec 70% des clients qui ont changé de marque préférée sur les dernières années. Ça oblige les maisons à renouveler leurs récits, leurs pièces et leurs exclusivités sans relâcher l’exigence. Le danger est simple : si l’histoire devient tiède, l’envie peut basculer aussi vite qu’elle est venue.
Les tendances qui font monter la pression
- Les pierres d’exception deviennent l’argument numéro un, avec l’émeraude colombienne et des appairages spectaculaires mis en avant. Un appairage, c’est le fait de sélectionner des pierres qui se répondent parfaitement en couleur et en qualité. Ce choix crée une rareté visible, et transforme la pierre en héros de la collection, avec un récit construit autour d’elle.
- Le retour du bijou-objet s’impose : sculptures, manchettes et pièces uniques prennent le dessus sur le bijou “sage”. L’idée est claire : le bijou ne sert plus seulement à briller, il sert à dire quelque chose. Cette montée des pièces audacieuses pousse les maisons à surprendre vite, car ce qui choque aujourd’hui devient banal demain.
- L’hybridation horlogerie-joaillerie accélère, et brouille les frontières entre montre et bijou. On parle de montres serties, c’est-à-dire décorées de pierres, et de chronographe, une fonction qui permet de mesurer des temps courts comme un chronomètre. Tiffany lance ainsi un chronographe joaillier très haut de gamme début 2026, preuve que le mélange des genres attire fort.
Ce qui change tout : innovation, production, durabilité
- La technique devient un nouvel argument de désir, avec des innovations venues de l’horlogerie et des matériaux avancés. Le mouvement d’une montre, c’est son mécanisme interne, et il est désormais mis en scène dans des boîtiers joailliers. Le platine et des alliages nobles, c’est-à-dire des mélanges de métaux choisis pour leurs qualités, renforcent l’image d’un luxe “ingénierie”.
- La production reste un équilibre fragile entre ateliers internes et artisans externes. Les manufactures historiques gardent les gestes clés, pendant que certaines lignes ou collaborations passent par des partenaires plus petits. Cette chaîne est flexible, mais elle reste protégée par l’exigence “maison” et une obsession de la qualité. En parallèle, les groupes rationalisent leurs opérations pour concentrer leurs ressources sur le haut de gamme.
- La durabilité s’invite là où ça fait mal : les matières premières et leur traçabilité deviennent centrales. La traçabilité, c’est la capacité à suivre l’origine d’un métal ou d’une pierre, du départ jusqu’au bijou final. La flambée des cours de l’or relance les débats sur provenance, éthique et finance durable, pendant que les maisons communiquent davantage sur l’approvisionnement responsable. Mais la mise en œuvre industrielle d’une traçabilité vraiment complète reste un chantier en cours.



