Montres & Joaillerie : tendances, actualités et réflexions
Montres & Joaillerie : tendances, actualités et réflexions
3 août 2026
Le marché surprend tout le monde
- Malgré les secousses, la joaillerie reste l’un des rares segments du luxe en vraie croissance. Les Etats‑Unis tirent la demande, pendant que la Chine redémarre peu à peu. Bain vise une hausse du très haut de gamme de 2 à 4 % en 2026, avec un marché global du luxe entre 365 et 373 milliards d’euros à taux constants, c’est‑à‑dire sans effet de change.
- Le signal le plus fort vient de Richemont. Sa division joaillerie a bondi de +24 %, et cela a porté tout le groupe. Le message est clair : quand la haute joaillerie avance, tout le secteur respire, y compris en Bourse, surtout grâce à une demande américaine qui reste solide.
- Mais attention, rien n’est totalement joué. Le contexte géopolitique au Moyen‑Orient continue de peser, et le luxe a perdu 70 millions de consommateurs depuis 2022. Autrement dit, la reprise existe, mais elle peut vaciller vite si un choc économique arrive.
Le retour qui affole les collectionneurs
- La grande surprise, c’est la force de la nostalgie. Des maisons historiques comme René Boivin, Rouvenat, Georges Lenfant et Raymond Templier reviennent sur le devant de la scène. Ce retour plaît parce qu’il mélange rareté, héritage et envie de posséder des pièces qui semblent déjà entrer dans l’histoire.
- En face, la création actuelle ne ralentit pas. Pendant la semaine de la haute couture, Graff et Mikimoto ont montré des collections spectaculaires avec des pierres de couleur et des ateliers très techniques. Le serti, c’est la façon de fixer la pierre sur le bijou, devient ici un vrai terrain de démonstration pour prouver le niveau de savoir‑faire.
- Derrière les vitrines, quelques acteurs pèsent très lourd. Richemont, avec Cartier et Van Cleef & Arpels, influence fortement le marché, tandis que LVMH et Kering gardent des positions clés via Tiffany, Boucheron et d’autres maisons. En parallèle, la presse et les studios créatifs façonnent le récit autour des collections, et ce récit peut faire grimper le désir très vite.
Ce qui peut tout changer maintenant
- L’innovation ne passe pas seulement par la technologie. Elle passe aussi par les pierres de couleur : opale noire, spinelle, aigue‑marine ou zircons renouvellent l’offre et attirent l’œil autrement. Le sertissage, c’est l’art de maintenir la pierre, devient plus complexe et plus audacieux pour donner aux pièces une présence immédiate et presque impossible à oublier.
- La production, elle, reste ultra artisanale. Les bijoux naissent dans des ateliers où l’assemblage se fait à la main, avec une grande maîtrise des pierres fragiles comme les opales. Certaines maisons relocalisent pour protéger l’authenticité et la qualité, d’autres s’appuient sur des ateliers historiques extérieurs, pendant que les grands groupes organisent tout cela à plus grande échelle sans perdre l’image de manufacture.
- La bataille suivante se joue sur le terrain du durable. Le luxe circulaire gagne du terrain avec le réemploi, la longue durée de vie, la production locale et la traçabilité, c’est‑à‑dire la capacité à suivre l’origine d’un produit. Les pierres non diamant ouvrent aussi d’autres pistes d’approvisionnement, mais la transformation à grande échelle reste encore en construction et dépendra des choix industriels des grands groupes comme de l’adhésion des clients.


