Mode & Maroquinerie : tendances, actualités et réflexions

Mode & Maroquinerie : tendances, actualités et réflexions

2 septembre 2026

Le marché craque

  • La seconde main n’est plus un plan de secours. Elle devient un achat courant et change la façon de produire, de vendre et même d’estimer la valeur d’une pièce. Les stocks vintage, longtemps vus comme un reste à écouler, deviennent un vrai atout pour l’automne-hiver 2026-2027.
  • Les grands groupes de luxe ne restent pas immobiles. Ils réorganisent leurs équipes et leurs usines pour capter la croissance là où elle se trouve, surtout dans la joaillerie et la maroquinerie. Kering mutualise ses capacités industrielles, c’est-à-dire qu’il met en commun ses moyens de production pour aller plus vite et mieux contrôler la qualité.
  • Pendant ce temps, la fast fashion continue de pousser très fort. L’entrée en Bourse de Shein, autrement dit son arrivée sur le marché financier, montre à la fois la puissance du modèle et ses fragilités. La bataille se joue sur des flux de produits ultra rapides, guidés par les données, c’est-à-dire les informations collectées pour décider quoi lancer et quand.

Ce qui fait exploser le désir

  • Quatre tendances dominent déjà les envies pour l’automne-hiver 2026-2027. Roman Noir, Countryside Chic, Seconde Peau et Clair-Obscur imposent un mélange de néo-victorianisme, de preppy sombre, de vestiaire d’héritage et de matières chaudes comme le tweed, le daim ou le Fair Isle. Résultat, le cuir vintage en total look et les pièces de soirée pailletées reviennent au centre du jeu.
  • Le retour du sac-panier dit beaucoup de ce qui plaît maintenant. Ce modèle tressé quitte le bord de mer pour devenir un it-bag urbain chez Celine, Louis Vuitton et Longchamp. Ce n’est pas un hasard, car l’artisanat visible rassure, attire l’œil et rend le produit plus désirable sans en faire trop.
  • Le vrai pouvoir ne vient plus seulement du logo. Chez Loewe, l’arrivée de Jack McCollough et Lazaro Hernandez montre à quel point un changement de direction artistique peut faire basculer le ton créatif et l’image de la maroquinerie. Dans le même temps, Anna Wintour, les front rows des Fashion Weeks, les débats autour de John Galliano et les expériences culturelles comme les ateliers ou les visites privées pèsent lourd dans la machine à faire parler.

La guerre qui arrive

  • La tech change tout, et pas seulement en coulisses. Les sacs à LED vus en défilé transforment l’accessoire en objet de conversation, presque pensé pour devenir viral. Derrière, l’algorithme, un système qui trie des données pour accélérer les décisions, ainsi que l’IA, l’intelligence artificielle, poussent déjà la création, la production et la mise en marché vers un nouveau rythme.
  • La production se durcit autour du contrôle. Kering consolide sa joaillerie avec Kering Jewelry, intègre Raselli Franco Group et place l’Italie au centre pour protéger le savoir-faire et sécuriser les flux. En parallèle, la pénurie de compétences artisanales oblige les groupes à former eux-mêmes leurs futurs talents via des structures comme Kering Accademia, pendant que le modèle chinois très intégré de Shein continue d’imposer sa logique de vitesse.
  • La mode dite responsable n’a plus le droit au flou. La seconde main devient la forme la plus visible de circularité, c’est-à-dire le fait de faire durer et revendre les produits, avec la patine du cuir vintage, la réparabilité et la traçabilité comme nouveaux critères de confiance. Julia Faure, Loom et le Collectif En Mode Climat poussent une autre idée très claire: sans règles collectives pour freiner la surproduction, la pression du low-cost restera trop forte face aux maisons qui misent sur le haut de gamme.

Sources: